Tragédie Démocratie

jeu
Noémie Develay-Ressiguier
Matthias Hejnar
Arthur Igual
Lilla Sarosdi
Agnès Serri Fabre
Renaud Triffault

scénographie costumes
Noa Gimenez

accessoires
Alice Godefroid

lumière
Johanna Moaligou

régie générale
Nours

mise en scène
Lara Marcou et Marc Vittecoq

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Création Juin 2026

Production Le Groupe O

Coproduction Théâtre des 13 vents CDN-Montpellier / Printemps des comédiens Montpellier / L'arc SN Le Creusot / Théâtre Albarède Ganges / ScenOgraph / (en cours)

Soutien - Accueil en résidence Montpellier Métropole Méditerranée / Résidence de création – Théâtre Silvia Monfort  / La Fabrique - Saint-Laurent-le-Minier / Studio-Théâtre de Vitry / Théâtre de l’Aquarium

Avec la participation artistique du Jeune théâtre national

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La pièce que nous imaginons pour 2026-27 aura lieu dans un contexte pré-électoral. Qu’on soit intéressé ou non par l’élection présidentielle en France importe peu : il y a fort à parier que tout le monde en parlera, s’en emparera à sa manière, famille, amis, médias, comme d’habitude. Dans la séquence historique que nous traversons, l’instabilité institutionnelle accrue et la sensation d’appréhender le présent comme un sac de nœuds recouvert de brume, nous ont donné l’envie d’aller voir très loin dans notre passé.

Deux réflexions-intuitions ont commencé à nous agiter et ont tracé une ligne entre l’histoire européenne de ce début de siècle et la Grèce du Vè siècle avant notre ère : l’une sur la place donnée à l’extrême-droite dans cette échéance présidentielle, l’autre sur la forme de gouvernement appelée “démocratie”.

La place donnée à l’extrême-droite.

Présentée comme la "grande menace", grand réservoir à fantasmes, on peut noter aussi que sa montée en puissance est un argument pour pouvoir dire, comme depuis deux élections au moins : "faisons bloc contre ce parti ... et donc élisez-moi”. On sait que fort probablement un jour cet argument ne tiendra plus, et que c’est un jeu dangereux d’entretenir l’existence d’un parti adverse afin de pouvoir apparaître comme le seul garant pour empêcher son accès au pouvoir.

Mais selon nous le succès de ce parti français aujourd’hui tient tout autant à ces encouragements du pouvoir en place ou au fait que les gens adhèrent entièrement à ses idées, qu’à un sentiment parmi ses électeurs de dépossession de la souveraineté (autrement dit : le pouvoir de décider), et à une forme de "haine de la démocratie" : la démocratie serait la coupable puisque c’est le régime dont se réclament haut et fort les gouvernements en place depuis tant de temps. Il faut donc sortir de la démocratie. Il est même fréquent de voir partagée, chez des personnes ne se disant pas d’extrême-droite, une dépréciation désabusée de la démocratie. D’où la deuxième réflexion.

Cette forme de gouvernement : la démocratie...

Héritage de la Grèce antique et mystification.

Notre mythologie, imaginaire ou fantasme collectif.

Car nous n’y sommes pas, en démocratie.

Chez les Athéniens, “inventeurs” de la politique moderne, “demos” + “kratos” = pouvoir au peuple.

Donc le peuple décide.

Élire des représentants qui vont décider à notre place, ce n’est absolument pas la même chose que décider.

Quand on vote, on décide.

Quand on élit, on choisit les meilleurs.

En grec, meilleur se dit "aristos".

Donc "une élection démocratique", ça ne peut pas exister, c’est une contradiction dans les termes.

Une élection, c’est forcément de l’aristocratie.

Il est peut-être temps qu’on arrête de parler de "démocratie" avant d’y être réellement.

Montrer, aujourd’hui, comment ça se passait, d’après les documents qui nous sont parvenus, le fonctionnement de la démocratie directe à Athènes au Vème siècle.

Pendant cette période, l’Ecclésia est, à Athènes, l’Assemblée des citoyens. Elle vote les lois, le budget, la paix ou la guerre, l'ostracisme. Elle tire au sort les 500 bouleutes (administrateurs de la cité, qui écrivent aussi les lois proposées à l’Ecclésia) et les 6000 héliastes (membres des tribunaux). L’élection ne concerne que peu de domaines de la vie de la cité, dont la guerre : les dix stratèges sont élus, non tirés au sort. L’Ecclésia était composée de tous les citoyens ; leur nombre pouvait s’élever jusqu'à 40 000...

Immersion nécessaire dans tout un corpus de textes historiques, philosophiques, littéraires, pour parvenir à faire théâtre, à créer des situations au plateau. Explorer les mœurs, la religion, les croyances, les lois, l’organisation politique, la culture, le quotidien.

Nous avons le sentiment que notre imaginaire collectif est assez limité concernant cette période. La représentation sur scène, outre celle des tragédies ou comédies antiques, est souvent l’histoire des lignées royales ou mythologiques, Racine Corneille Shakespeare, les réécritures d’Antigone...

Donc. Une tentative : donner à voir la vie des citoyens athéniens au Vè siècle, en évitant folklore et contemporanéisation à outrance. Une plongée.

Plonger, avec des mecs en toge qui débattent de sujets encore et toujours actuels, dans ces moments de vie publique-politique, où tout le monde était invité à prendre part aux décisions de la cité.

Tout le monde. Sauf les femmes, les enfants, les étrangers et les esclaves.



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